Better Man : Un ego trip un poil grotesque

© TOBIS Film GmbH

La success story des biopics de superstars se poursuit avec un clivage bien british, après Freddie Mercury, Elton John, voilà le biofilm d’une autre icône du pays du Fish & Chips : Robbie Williams – et pas Robin Williams !

Bien qu’il ne cesse de répéter sa différence, Robbie Williams tente de faire preuve d’humilité en apparaissant sous la forme d’un singe réalisé à l’aide d’effets spéciaux. Largement inspiré du clip Adventure of a Lifetime de Coldplay, l’animal donne la sensation de suivre l’ascension rock’n roll de César de Le Planète des Singes. Une vision d’horreur rendant hommage au nanar de Tim Burton…

Dans un esprit d’embarrassante complainte existentielle, le biopic fait état d’une ambition personnelle cueillie par la toxicité du showbusiness. En somme, Robbie Williams camoufle sa mégalomanie derrière un soi altéré, comme pour tenter de nier une personnalité détestable. L’apprenti chanteur rêvait de gloire déjà très tôt – un rêve susurré par un père clownesque, un showman raté et boursouflé. Originaire d’un milieu modeste, la célébrité naissante monte à la tête du jeune chimpanzé, sans oublier d’acheminer jusqu’à ses narines déjà enfarinées. Projeté trop tôt dans le milieu, le jeune Robbie justifie ses frasques par des problématiques de vies : la disparition de sa grand-mère, la difficulté d’être transclasse, l’absence d’un père qu’il idolâtre et la maladie mentale engendrée par les addictions.

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C’est avec embarras que l’on constate que Michael Gracey envisage d’éveiller notre admiration pour une rock star qui ne suscite la compassion qu’à l’échelle nationale. Sommes nous supposés être attendris par les overdoses à répétition et le comportement instable de Robbie Williams ? On ne sait que faire de ce biopic qui se veut novateur, mais qui souffre d’une inconsistance superficielle symptomatique de la mode du biopic.

Better Man est sorti en salles depuis le 22 janvier 2025. Voici sa bande-annonce :