© Universal Studios
Le fin fond de l’Oregon abrite un mystérieux phénomène. Blake est écrivain et décide de quitter San Francisco avec sa femme et sa fille pour tenter de sauver son mariage. La propriété familiale se trouve dans un lieu isolé et difficile d’accès. À la nuit tombée, la famille est victime d’une attaque qui les pousse à se barricader à l’intérieur de la maison, s’inspirant sans doute de la stratégie de repli de Critters (1986). Seulement, Blake a été blessé et son état va se dégrader. En parallèle, une créature rôde en attendant le moment propice pour bondir…
En réalité, Wolf Man a été tourné en Nouvelle Zélande, un site montagneux beaucoup plus en phase avec ce que Leigh Whannell imaginait. Souvenez-vous, Leigh Whannell, alias le malheureux Adam pris au piège dans Saw (2004), revient à la réalisation. Une fois de plus, le cinéaste s’attelle aux adaptations de l’Universal Monster Universe après Invisible Man (2020) ayant enregistré $144 millions de recettes dans le monde pour un budget de $7 millions, l’heure est à la pleine lune. Voilà une façon de se réinventer et de rivaliser avec son meilleur ami/ennemi James Wan (Aquaman, Malignant, Conjuring).
Ce qui parvient à démarquer le long métrage des films de loup-garou, c’est l’absence de spectaculaire symptomatique lorsque l’homme vire au loup. On garde en mémoire la transition de Michael Jackson dans le vidéo clip Thriller, la transformation inspire l’effroi et le cri strident de sa petite amie. Ici, on décompose le phénomène sans précipiter les conséquences. À l’image de la détérioration de Seth Brundle (Jeff Goldblum) dans La Mouche (1986), Leigh Whannell prend le temps de diffuser la terreur dans le regard impuissant des proches de la victime de lycanthropie.

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Ici, Blake se transforme petit à petit, son humanité se dérobe à petit feu, laissant alors le loisir à sa fille Ginger et sa femme Charlotte (Julia Garner), de contempler avec inquiétude une apparence physique qui vire au cauchemar. Comme on le sait, la transition physique va de pair avec un comportement de plus en plus animal. Néanmoins, l’étape transitoire explore une face du body horror trop souvent éclipsée – celle du cannibalisme. Wolf Man a le mérite d’aborder sans tabou une humanité altérée par des comportements dérangeants, notamment celui d’un dévoreur de chair. Dans une séquence bien précise, Blake ronge sa blessure déjà à vif, sans que sa femme puisse l’en empêcher. Un clair-obscur joue du caractère évolutif de la silhouette décharnée de Blake, à la fois morbide, animale et humaine. Charlotte cherche du regard celui qu’elle a épousé, mais l’automutilation dont elle fut le malheureux témoin l’encourage à penser d’aller se mettre à l’abri avec sa fille. La vision d’horreur laisse alors le champ des possibilités horrifiques ouvert, la figure du zombie cannibale s’envisage comme une heureuse surprise du genre lycanthrope. Au lieu d’envisager des effets spéciaux, on remarque l’effort artistique mené tout au long du projet. Christopher Abbott (Blake) porte des prothèses et du maquillage, ce qui apporte une authenticité typique des eighties, rappelant alors les mâchoires aux dents acérées de Vampire, vous avez dit vampire ? (1985). Tout n’est pas perdu, les films de loups-garous ne sont pas voués à devenir un gloubi-boulga indigeste, bourrés d’effets spéciaux. Même si le ténébreux Christopher Abbott sublime sa partition, on se demande tout de même quel aspect aurait eu Ryan Gosling, initialement pressenti pour le rôle du loup-garou.
Wolf Man de Leigh Whannell est en salles depuis le 15 janviers 2025. Au casting on retrouve Christopher Abbott (Pauvres Créatures, Kraven The Hunter) et Julia Garner (Ozark, Sin City). Voici la bande-annonce :
