La Fièvre d’aimer : Quand l’amour transige le transfuge de classe

© Universal Pictures Mirage Enterprises Double Play

Souvenez vous du charme cristallin de James Spader dans la fin des années 80, à l’époque chevelu et au creux d’une success story après le sulfureux Sexe, mensonges et vidéo (1989) qui lui vaut le prix d’interprétation au Festival de Cannes. Son rôle de blondinet sulfureux inspirera Cronenberg avec Crash (1996), mais entre temps le jeune érudit issu d’une famille d’enseignants honore une partition érotico-romantique avec la magnétique Susan Sarandon qui chantonnait Touch-a, Touch-a, Touch Me, quinze ans auparavant. Le réalisateur mexicain Luis Mandoki adapte le roman White Palace dans l’espoir d’immortaliser une alchimie romantique semblable à l’œuvre originale. Tout repose sur les épaules du casting.

Max Baron, un cadre de 27 ans venant de perdre sa femme, rencontre un soir dans un bar Nora Baker, une femme de 43 ans. Tous les deux tombent amoureux, et ce malgré les différences d’âge et de classes sociales.

température CANICULAIRE

On ne bronche pas lorsque Max (James Spader) fixe Nora (Susan Sarandon) sans savoir si elle lui inspire du mépris ou un feu ardent qui prendrait soudainement forme dans sa poitrine (ou ailleurs). Ces deux là ne viennent pas du même monde : l’un est cadre dans une entreprise de publicité et l’autre sert des hamburgers dans un café. Les décors jouent des contrastes entre les deux personnages. Max vit dans un appartement à la décoration minimaliste où chaque objet est placé avec précaution. Un plan caméra sur trois pommes alignées témoignent la rigidité d’esprit de Max, encore paumé suite à la disparition de sa femme. Le jeune premier rompt à « demi-croc » avec ce côté psychorigide en croquant à pleines dents dans le fruit défendu , perturbant alors l’alignement parfait d’un décor. Nora, quant à elle, vit dans un chaleureux bazar où l’accumulation de babioles témoigne d’une expérience de vie tumultueuse après la perte de son fils.

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La balade amoureuse fait vibrer par ses tumultes liées à des racines sociales divergentes, toutefois surmontées puisque Max, bien que conscient de l’iceberg qui se tient devant lui, ne peut se résoudre à plaquer Nora pour une juive de bonne famille – trop épris, cet état le surprend lui-même.

Les meilleurs ingrédients d’une romance est avant tout de convoquer des acteurs compatibles sans que l’escalade de charismes s’impose – comme Julia Roberts et Nick Nolte dans Les Complices (1994) où la complicité n’était absolument pas au rendez-vous en off comme en on.