© 2025_CHAPTER2_ESKWAD
Sorti mercredi dernier, le nouveau film de Jérôme Commandeur, T’as pas changé, avait tout pour séduire : une affiche solide, un sujet générationnel et un réalisateur qu’on sait capable d’humour fin et populaire. Sur le papier, la promesse d’un bon moment.
En réalité ? Une comédie sans vraie saveur, qui s’étire plus qu’elle ne divertit.
Une comédie nostalgique… sans éclat
Le film joue la carte du retour sur le passé : des anciens potes de lycée se retrouvent trente ans après le bac, entre rires, regrets et bilans de vie.
Commandeur signe un film honnête et bienveillant, mais qui peine à trouver son équilibre entre comédie et mélancolie. L’humour, pourtant attendu, reste discret ; on sourit plus qu’on ne rit, et la nostalgie finit par l’emporter.
L’ensemble se regarde avec plaisir, mais sans éclat particulier — une comédie douce-amère, qui effleure plus qu’elle ne surprend.
Pas mieux que le voyage dans le temps de Bis de Dubosc et Merad.

© 2025_CHAPTER2_ESKWAD
Reste Laurent Lafitte, irrésistible en Jean-Luc Lahaye du pauvre : le comédien a un talent fou, une présence et un ton parfaits pour la caricature.
Mais Commandeur ne pousse jamais son personnage jusqu’au bout. Il aurait fallu oser, être jusqu’au-boutiste, assumer le côté grotesque et pathétique à fond. On reste à mi-chemin, frustré, alors qu’on connait la générosité que le chanteur des années 80 réservent à son public.
Quant à François Damiens, il hérite d’un rôle d’avocat fatigué, contrarié par la concurrence : on l’imagine tout autre, plus brut, plus nerveux, plus drôle.
Mais non, il semble coincé dans un registre trop sage. Et ça ne fonctionne pas.
Vanessa Paradis, spectatrice presque passive de ce naufrage émotionnel.
Elle regarde Jérôme Commandeur en chien de faïence, comme si elle attendait qu’une étincelle jaillisse entre eux — mais rien ne vient.
On cherche une émotion, une complicité, un frisson… quelque chose de divinidylle. Hélas, ici, l’idylle reste tout sauf divine : l’alchimie ne prend pas, et l’émotion n’arrive jamais à traverser l’écran ni les spectateurs.
T’as pas changé n’est pas une mauvaise comédie, simplement un film qui reste dans la retenue, là où l’on espérait plus de rythme, de folie et d’émotion.
Une œuvre sympathique, sincère, mais un peu timide — pas le meilleur de Jérôme Commandeur, sans pour autant être un faux pas.
T’as pas changé est en salles depuis le 5 novembre. Voici sa bande-annonce :
