© Warner Bros. Entertainment Inc.
Il n’y a pas que la nuit qui sera humide (cf. Balance maman hors du train)… Dans cette curieuse adaptation, les cheveux mouillés de Catherine virevoltent dans le vent glacial des falaises des Hauts de Hurlevent, situés dans les landes et les ondulantes collines du Yorkshire. Un lieu idéal pour se réchauffer contre le poitrail du jeune étalon Heathcliff, campé par le charismatique Jacob Elordi, un brun hanté par le fantôme d’Elvis plutôt que par celui de son sombre personnage. Encore un qui n’a pas écouté la chanson de Kate Bush avec attention. Adieu Kate, hello Charli XCX, qui signe la bande originale de Hurlevent. Margot Robbie, l’ex-Barbie écervelée, troque ses rollers flashy pour les corsets à lacets du XVIIIᵉ siècle.
Savamment pensé pour célébrer la Saint-Valentin, Hurlevent démocratise une sexualité (trop) rapidement assumée entre Heathcliff et Cathy, leurs corps palpitant au rythme l’un de l’autre. À l’aune de l’époque contemporaine, où « pervers narcissique » et « dépendance affective » sont balancés à tout bout de champ, ces qualificatifs font curieusement de plus en plus fantasmer. La dépendance affective flirte sans tabou avec une dépendance sexuelle enivrante, pleinement assumée par les amants maudits.
Même si cela ne fait aucun doute, Cathy et Heathcliff ne parviennent pas à accorder leurs violons : entre actes manqués et marches seul(e), on sait désormais où Jean-Jacques Goldman tire son inspiration.

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Dénuée de pudeur, cette adaptation esthétisée convoque une photographie impressionnante, notamment lorsque l’on pense au travail qu’induisent les décors et les costumes. Néanmoins, les bribes cyberpunk nuisent à l’œuvre initialement romantique et sensible. Un voyage littéraire qui tend tout à coup au gavage visuel de Pauvres Créatures (2023) ou Alice aux Pays des Merveilles (2010) de Burton. Détestable à souhait, la Cathy d’Emerald Fennell (Salturn) est orgueilleuse et impulsive. Sans compter son immaturité grinçante, qui l’empêche d’assumer ses torts, encore moins sa dévotion sentimentale envers celui qu’elle porte infiniment dans son cœur. Cette réécriture du personnage ne peut compter que sur son avantageux physique, immortalisé par le froid des vallées isolées.
Toxic Love
Le bienheureux (mais pas pour longtemps) Edgar (Shazad Latif) ne fait malheureusement pas le poids face à la bestialité d’un homme aux allures de pirate crépusculaire — son anneau à l’oreille et sa dent en or s’accordent dans un kitsch qui ressuscite le fantôme de la brute à la cervelle de moineau qu’incarnait Jacob Elordi dans The Kissing Booth. Deux incarnations qui partagent autant leurs grognements que leur illettrisme. Le Heathcliff elordiste était à deux doigts de taper des poings sur son torse velu pour faire revenir sa belle. Un bad boy qui saura ravir les lectrices de dark romance. Beurk…
Hurlevent est en salle depuis le 11 février 2026, voici la bande-annonce :
